L’économie entre modèles et mathématiques.

  

La dictature des  mathématiques est régulièrement et vainement remise en question en France. Régulièrement, car son usage exagéré apparaît par moment absurde même à ses supporters. Vainement, car cette contestation ne pourra avant longtemps déstabiliser le système à fabriquer les élites qui nous est propre, du CES à l’Université.

 Les études économiques en ont récemment fait les frais et avec raison. Demande-t-on à un architecte d’être un expert en résistance des matériaux ? Un conducteur automobile doit-il passer un examen de mécanique des fluides en même temps que son permis ?

 En même temps, force est de constater que la culture économique est moins répandue en France que dans certains pays anglo-saxons et qu’il est fréquent d’entendre des contre-sens magistraux à tous les niveaux de notre société, à commencer par les hommes politiques de tous bords. Mais peut-être est-ce volontaire, car la science (ou la science pretexte) a en commun avec l’idéologie, de faire taire l’intelligence, au sens étymologique du terme et d’étouffer le bon sens au profit de la « pensée unique », d’où qu’elle vienne.

 Il est frappant de constater à ce propos qu’à l’époque où l’on trouve des jeux de simulation de trading en salle de marchés, de pilotage d’avions ou de voitures de course, ou de gestion d’entreprises pour start-uppers en herbe, il n’existe pas de modèle de vulgarisation macro-économique, comme ceux pratiquées à l’INSEAD ou dans les universités américaines.

 Cela doit certainement être dû au fait que ces modèles nécessitent l’usage d’équations mathématiques trop complexes !

 


© mdc octobre 2000