Europe : il y a-t-il un pilote dans lavion ?
Malgré un Euro en berne, lEurope est la première puissance économique dans le monde devant les USA et la Chine. Elle a récolté le plus grand nombre de médailles à Sidney loin devant les USA. Elle est leader mondial des trains rapides et AIRBUS est en train de supplanter BOEING dans les avions de transport civils. Elle est le premier contributeur de lONU, de même que celui au titre de laide aux pays en voie de développement.
Mais la BCE est cacophonique, la présidence de la Commission inaudible, et la présidence tournante de lEurope, entravée par une cohabitation dun autre âge. Incapable dagir en ex Yougoslavie, incapable de décider sur les farines animales, incapable de réagir dune façon cohérente sur la hausse du pétrole, elle semble désormais également incapable de se projeter dans lavenir : admission de nouveaux membres, nouvelles structures, nouveau « gouvernement ».
Il est significatif que dans ce désert didées, Joschka FISCHER, ministre des Affaires Etrangères de lAllemagne, et vert de son état politique, ait fait preuve cet été de lucidité dans un manifeste appelant de ses vux un noyau dur plus dynamique et un fédéralisme plus consensuel. La France na pu lui opposer que lidée dune Constitution aussi généreuse sur le plan des principes que la « Déclaration des droits de lHomme », mais aussi peu efficace sur la plan pratique.
Il faudra bien un jour aborder de face les vrais enjeux pour lEurope : un véritable exécutif, un vrai dirigeant, un vrai fédéralisme. Transposée dans le domaine des entreprises notre organisation actuelle est celle dune coopérative, au mieux celle dun GIE.
On a beaucoup parlé à lépoque de Maastricht de subsidiarité : ne pas faire remonter à la Commission les décisions qui sont du ressort de lEtat. Mais il faut être logique : la subsidiarité doit être véritablement descendante et laisser aux régions la maîtrise des domaines qui sont les siens. Et il importe alors daccepter la subsidiarité ascendante : il faut pour cela définir les domaines de compétence du « gouvernement » européen pour lui permettre de jouer pleinement son rôle politique et économique sur le plan mondial.
Cela ne sera jamais réalisé par un GIE, mais par un Président européen, mandaté et contrôlé, assuré de ses pouvoirs et limité par les contre-pouvoirs nécessaires face à un exécutif fort.
© mdc septembre 2000