GESTION DES RESSOURCES ET DES INVESTISSEMENTS HUMAINS

 

Avant de définir le rôle du directeur des ressources humaines, il convient de déterminer en quoi consiste la gestion des ressources humaines. Il s’agit principalement d’optimiser le capital humain de l’entreprise, notamment les compétences, les effectifs et la politique salariale. 

L’objectif du département des ressources humaines, est avant tout de permettre à la direction générale, aux managers et aux salariés d’avoir une meilleure réflexion sur la dimension collective et/ou individuelle, dans une perspective de vision du futur tout en gérant le quotidien. 

 

Le DRH est un généraliste qui sait s’entourer de spécialistes afin de faire face aux différents métiers de ressources humaines. En effet, quatre grands domaines d’intervention sont couverts :

        -          la gestion administrative
-          la formation
-         
la gestion des carrières, les recrutements
-         
la gestion sociale. 

Cependant, selon la taille de l’entreprise, la gestion des ressources humaines est subdivisée en postes distincts afin de répondre à l’éventail de tâches à réaliser. Le DRH peut donc avoir une équipe plus ou moins étoffée avec des responsables par secteurs. 

 

Le responsable de l’administration du personnel sera en charge de la gestion des rémunérations avec les paies individuelles, du calcul de l’ensemble des charges sociales tout en veillant au respect du code du travail, de la convention collective, des horaires et des incidents de présence. Le règlement intérieur sera élaboré et mis à jour en étroite collaboration avec le responsable de la déontologie ou avec le secrétaire général. Il joue également un rôle important dans la gestion de la masse salariale et est un relais permanent avec la direction générale et la direction administrative et financière.

Le domaine de la formation est un rouage important du processus de gestion des hommes, aussi le chargé de formation doit-il définir les besoins de l’entreprise en terme d’évolution de compétences et établir un diagnostic qui lui servira de base pour élaborer le plan de formation. De même, il définit le budget nécessaire tout en respectant l’enveloppe allouée. Il organise ensuite les sessions et assure le suivi de celles-ci. 

Le responsable de la gestion des carrières peut également être en charge des recrutements, selon l’organisation interne et la taille de l’entreprise. Dans ce cadre, il définit les profils de postes, effectue le tri des cv et assure les entretiens. Il se charge par ailleurs, de la mobilité des salariés de l’entreprise  en vue d’une évolution de poste ou d’une expatriation, par exemple. 

Le DRH est souvent celui qui reste en charge de la gestion sociale avec pour principal objectif l’aboutissement des différentes négociations avec les partenaires sociaux mais également le suivi des relations tout au long de l’année au travers des réunions du comité d’entreprise, de CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité des conditions de travail) et parfois dans le cadre de départs de salariés protégés. 

 

Deux nouveaux secteurs sont en voie de développement : la communication interne qui a tendance a retrouver ses origines au sein des ressources humaines et l’audit social qui a pour objet l’observation des relations entre les différents acteurs de l’entreprise afin de proposer des actions d’amélioration de la gestion des ressources humaines. 

 

Il faut cependant noter que certaines tâches sont de plus en plus souvent externalisées telles la paie, l’élaboration et la mise en place de nouveaux outils dans le cadre de projets transversaux qui demandent la participation active des opérationnels (entretien d’évaluation, nouvelle plate-forme informatique…), les recrutements  par le biais de prestataires spécialisés. Par ailleurs, il est fait également appel à des consultants extérieurs qui procèdent à des études salariales par métiers et secteurs afin d’affiner la politique de l’entreprise dans ce domaine. Si cette externalisation n’est pas correctement ciblée et réfléchie, le DRH peut alors devenir « une centrale d’achats de services » et cela peut également poser des problèmes en terme de gestion de budget, de risque et de capital humain. 

En effet, l’appel à des prestataires externes présente l’avantage de supprimer la gestion du personnel mais impose en contrepartie des appels d’offres avec analyse de coûts et étude de fiabilité sans pour autant maîtriser les problèmes propres au prestataire qui intervient. 

L’externalisation pose enfin le problème en terme humain car elle oblige, soit à une séparation de collaborateurs compétents  avec tout ce que cela comporte sur le plan moral et financier, soit à la formation des salariés concernés pour leur permettre une mobilité interne. 

 

Ces arbitrages constituent un élément essentiel de la fonction car le DRH se doit de savoir identifier les facteurs qui créent de la valeur et des risques pour les parties prenantes et il agit donc comme force de proposition auprès de sa direction générale. Il a en effet l’avantage d’être en prise directe avec les salariés de l’entreprise et peut ainsi accompagner les changements décidés. 

Ainsi informée et consciente du potentiel humain dont elle dispose et des objectifs auxquels celui-ci peut prétendre, la direction générale est plus à même de faire des prévisions réalistes : investissements, formation, réorganisation des activités ou secteurs, sous-traitance…. 

Le rôle du DRH est donc avant tout d’être un élément transversal de l’entreprise, par conséquent très exposé. 

Afin de faire face à ces critères de fonctionnement, quelles sont les qualités indispensables pour être un DRH fonctionnel et efficace ? L’écoute, la capacité d’organisation et la définition des priorités, l’esprit d‘analyse, la rigueur, le respect des règles, la diplomatie, la confidentialité, la créativité, l’énergie, la réactivité, la pédagogie, l’adaptabilité, la persévérance et le pragmatisme. 

La conjonction de ces atouts n'est que l'aboutissement d'un DRH complet. Cependant, ils ne peuvent apporter de réponse qu'à l’aspect rationnel de l’entreprise, alors que ce métier touche plus généralement à l’aspect irrationnel de l’être humain individuel, et de façon plus générale, à la chimie complexe des groupes humains.

 

 


© mdc  mai 2002