Bilan 2004
L'année 2004 a été sur le plan économique plutôt un bon cru, avec une croissance de 2.1 % en France malgré un 3ème trimestre décevant tant au niveau de la consommation que de l'investissement. L'inflation a été maîtrisée à 2% malgré une hausse du pétrole ayant dépassé ponctuellement le 50 $ pour un baril et un euro à 1.35$ en fin d'année. La Bourse a également progressé avec un CAC passant de 3529 à fin 2003, à 3823 au 24 décembre 2004, soit +8% sur un an.
Au niveau européen les chiffres sont à l'image de la tendance française avec un PIB en hausse de plus de 1.8% et des indices boursiers à +7.5%.
Cette situation avantageuse a été facilitée par un contexte financier favorable avec des intérêts courts autour de 2% et un taux à 10 ans à moins de 4%, soit un taux réel à moins de 2%.
Cependant, sur le fond l'évolution en Europe et plus particulièrement en France est plus préoccupante : avec un taux de chômage de près de 10%, un déficit global des dépenses publiques de plus de 4% en 2003 (et à peine en deçà en 2005, grâce au tour de passe-passe de la "soulte" d'EDF qui "plombera" pour de nombreuses années l'équilibre de la CNAV) et une dette de plus d'un milliard d'euros, le pays ne se donne pas les moyens de remonter rapidement la pente et se condamne à une médiocrité complaisante face à la puissance, sinon la force d'inertie, des USA (en dépit des erreurs économiques de l'administration BUSH) mais surtout à la "force de frappe" émergente de la Chine et de l'Inde.
Le handicap en France se mesure à sa moindre productivité (due moins aux 35 heures, devenues entre-temps une"scie" politique, qu'à la non "employabilité" des moins de 25 ans et des plus de 55 ans), et au retard dans la recherche, notamment privée, ce qui ôte progressivement l'avantage compétitif du pays aussi bien du côté de produits basiques (délocalisation) que des produits à forte valeur ajoutée (USA, Japon, Chine), et se traduit par un déclin du commerce extérieur en train de passer dans le rouge
A ces handicaps propres à la France mais que l'on retrouve à des niveaux variables dans toute l'Union, s'ajoute celui du vieillissement des populations compte tenu d'un taux de fécondité moyen de 1.4% ( contre 1.7 en UK, 1.9 en France et … 2.2 en Turquie). Ceci impliquera rapidement une refonte de la politique d'immigration sur le modèle sélectif (et à points) pratiqué notamment par l'Australie.
La situation obligera donc rapidement les pays de l'Union (et la France) à mettre en chantier des réformes drastiques et souvent impopulaires : politique des retraites, dépenses sociales et de maladie, investissement dans la recherche et dans les études supérieures, remise en cause des missions de l'Etat, statut des fonctionnaires, statut des métiers réglementés, simplification et harmonisation de la fiscalité. Et seul un pouvoir fort au niveau européen permettra, éventuellement, un tel effort de modernisation de nos structures.
Ce pouvoir a bénéficié en 2004 de divers petits coups de pouce : élargissement de l'Europe à un périmètre de 455 millions d'habitants (malgré l'intégration de Chypre en dépit du maintien de sa division), renforcement du Parlement européen face à la première Commission BARROSO, approbation de la Constitution par le Conseil, référendum approuvant celle-ci en France au sein du parti socialiste, mise en œuvre de la CPI et des accords de Kyoto, mise en route du projet GALILEO, sans parler des progrès des accords militaires au sein de l'Union. Mais tout reste à faire sur le plan politique et des instances de gouvernement futures.
Sur le plan international, le chaos en Irak et la permanence du problème en Israël et Palestine ne permet pas d'être optimiste à court terme et seule une issue politique internationale, qui engloberait également les problèmes militaires, mais forcément aussi les problèmes pétroliers du Moyen Orient, permettrait de sortir durablement de l'ornière. Mais, qui la veut et qui est capable d'obtenir un consensus multilatéral sur la question?
Le 28 décembre 2004 (avec l'autorisation d'Infonooz)