Les
professions financières
A
l'occasion de la remise des prix du meilleur mémoire financier, jeudi 23 février,
le Centre National des Professions Financières (CNPF) a essayé, dans le cadre
de tables rondes, de faire un point
sur les caractéristiques communes de ce secteur qui rassemble tous les
professionnels du chiffre et du droit.
Il
s'agit en effet d'un périmètre de plus d'un million d'acteurs, soit 5% des
actifs, représentant probablement plus de 8% du PIB. Il comprend 400.000
personnes du secteur bancaire, 200.000 personnes dans les assurances et le solde
dans les métiers spécialisés en forte croissance, ainsi que dans les
industries et services. Il est probable que ce dernier secteur soit sous-estimé,
car sur un échantillon de 1000 entreprises regroupant 1 million de salariés,
on compte plus de 20.000 professionnels du chiffre, ce qui, extrapolé aux 16
millions de salariés en France, donnerait encore plus de 300.000 financiers.
Les intervenants ont souligné le très grand dynamisme de la gestion d'actifs qui envisage un doublement des effectifs sur 10 ans, le besoin croissant de régulateurs, la nécessité de s'investir en Asie (go east not west), le recours croissant à l'arbitrage coût./efficience. On a aussi regretté le manque d'esprit d'aventure et d'entreprise de nos jeunes élites, ainsi qu'un déficit de culture générale, gage d'une plus grande ouverture d'esprit.
Michel
PEBEREAU, invité spécial du colloque, a traité plus particulièrement de
l'enseignement de l'économie dans le secondaire se félicitant de la montée en
puissance des séries générales ES (ex B) avec 100.000 élèves chaque année,
mais en regrettant aussi une priorité trop grande donnée à la macro-économie
et au rôle moteur réservé au seul Etat. Il a rappelé les initiatives de
l'Institut de l'Entreprise et notamment les stages en entreprises pour les
enseignants, l'université d'été et le corpus didactique MELCHIOR disponible
sur Internet.
Nous
regrettons à ce propos le faible usage d'outils de modélisation dans
l'enseignement de la micro-économie, tant dans le secondaire que dans le supérieur
( cf. le modèle MARK-STRAT à l'université de Dauphine) et l'inexistence de
tels outils de simulation en macro-économie, alors qu'ils constituent un
support courant dans l'enseignement supérieur anglo-saxon.
Michel
PEBEREAU a par ailleurs rappelé que le rôle de l'Etat restait déterminant
dans ses fonctions régaliennes, mais également dans la définition
consensuelle d'un modèle social performant, dans la régulation conjoncturelle
de l'économie, et dans l'éducation et la recherche, sous forme d'effet de
levier de l'innovation et de la compétitivité des entreprises.
Seule la création de richesse (croissance) permet une redistribution de celle-ci et par conséquent un accroissement du pouvoir d'achat. Ce mécanisme vertueux n'est pas fondamentalement remis en cause par une mondialisation maladroitement diabolisée, à condition que l'on sache mettre en œuvre une politique de reconversion individuelle dans les secteurs fragilisés et que l'on puisse préserver et développer des axes de compétitivité spécialisés.
Les professions financières ont un rôle éminemment moteur dans l'élaboration de la pensée économique et surtout dans l'exécution organisée et efficiente des partitions qui en dérivent. Il appartient à leurs membres d'y démontrer leur compétence, leur capacité d'innovation et leur professionnalisme.
février 2006 (avec la permission d'INFONOOZ)