L'ANALYSE DE CREDIT OBLIGATAIRE
Situation. Il y a à Paris et en France quelques 800 analystes financiers travaillant pour plus de 60 institutions financières, bancaires ou dintermédiation. Sur cet ensemble moins de 50 interviennent du côté buy-side, alors que la quasi totalité est principalement concernée pour des opérations sell-side.
Face à cette situation, la population des analystes financiers de crédit de produits de type obligataire, représente à peine 50 spécialistes dont lessentiel est représenté par les analystes des sociétés de rating (S&P, MOODYS, FITCH-IBCA) auxquels il convient dajouter quelques spécialistes dans le domaine bancaire.
Compte tenu de lévolution du marché européen et du processus de concentration des secteurs bancaires, dintermédiation et de lassurance, on peut prévoir dès maintenant une réduction du nombre dacteurs au niveau des sociétés financières et surtout une réduction du nombre des analystes boursiers à 300 personnes, dont le niveau qualitatif et surtout le caractère européen seront beaucoup renforcés. Cette réduction devrait cependant être partiellement compensée par la progression des analystes buy-side (entre 150 et 250 personnes) et le développement dinstitutions de recherche spécialisées dans des niches spécifiques (high-tech, gen-tech, luxe, etc..).
En tout état de cause, le nombre danalystes boursiers devrait décroître de quelques 30% et ne pas dépasser 500 spécialistes de haut niveau. Parallelement la profession des analystes de crédit devrait se développer pour atteindre quelques 300 à 400 personnes.
Cette évolution sera due à la montée en puissance prévisible des émissions obligataires du secteur privé (produits à spread) venant compenser la baisse des stocks de Fonds d'État, due à la réduction programmée des déficits publics. Cette montée en puissance sera dautant plus amplifiée si les taux restent bas. En effet les entreprises seront incitées à recourir à lemprunt, parallelement aux augmentations de capital, leur papier ne supportant plus de risque de change au niveau européen.
A ce jour les particularités techniques de l analyse de crédit, liée à lapproche rating permettant dapprécier le risque sur la capacité de remboursement des sociétés émettrices, ne facilite pas une évolution naturelle de la profession danalyste boursier vers celle d'analyste de crédit.
Mais, ces techniques, très complémentaires, devraient se rapprocher à lavenir ne serait-ce que par le rapprochement des supports, au travers notamment des obligations convertibles et autres OBSAs.
On peut donc en déduire, que, bien que le nombre global des analystes financiers restera stable, les répartitions entre sell-side et buy-side et entre bourse et crédit obligataire, seront sensiblement différente. Le niveau technique sera très supérieur, le périmètre dintervention sera élargi et la méthodologie sera plus élaborée.
Du fait de la convergence en cours des approches des émetteurs corporate et des clients investisseurs, quil sagisse de capital ou de dette à long terme, faut-il en conclure que la traditionnelle distinction entre actions et produits de taux de toutes les activités primaires et secondaires disparaîtra dans les trois prochaines années?
© mdc juin 1998